COMMUNIQUÉ DE PRESSE – NOVEMBRE 2010
MONA BISMARCK FOUNDATION, 34 AVENUE DE NEW-YORK, 75116 PARIS
DU 1ER DÉCEMBRE 2010 AU 15 FÉVRIER 2011
UNE AUTRE LANGUE
MATISSE ET LA GRAVURE
Depuis son renouveau au XIXe siècle, l’estampe est la malaimée de l’art des images, peut-être parce que ses œuvres sont rarement uniques, mais surtout parce que, en général, on la croit bornée à l’imitation de la peinture. Rien de plus injuste, comme le signalait déjà Eugène Delacroix, qui pratiquait brillamment l’une et l’autre : « La langue du graveur ne consiste pas seulement à imiter les effets de la peinture, qui est comme une autre langue ; il a sa langue à lui. »
La Frégate, 1938 par Henri Matisse,
linogravure sur vélin G. Maillol, 31,4 x 23,9 cm,
© Michael Matisse pour toutes les photographies des estampes de H. Matisse Tous droits réservés
© Succession H. Matisse pour toutes les œuvres de l’artiste, 2010
Ce préjugé explique pourquoi Henri Matisse, célèbre comme peintre, comme dessinateur et comme sculpteur, est à peine connu comme graveur, alors qu’il a gravé près de 900 estampes et appliqué cette technique à l’illustration de plus de 80 livres. Pourtant, la seule exposition rendant compte en France de l’ampleur et de l’originalité de cette impressionnante production a eu lieu à la Bibliothèque Nationale en 1970.
Henri Matisse gravant, 1900 / 1903
pointe-sèche 15 x 19,9 cm
sur vélin Van Gelder 32,5 x 51 cm
Duthuit 1 Pl. 52D
Marguerite VI, 1945
lithographie 41 x 29,5 cm
sur BFK Rives 50 x 32,5 cm
Duthuit 575
Masque blanc sur fond noir, 1949 / 1950
aquatinte 31,7 x 24,9 cm
sur Rives 55 x 38 cm
Duthuit 811
Grâce à l’amicale et compétente collaboration de Barbara et Claude Duthuit, la Mona Bismarck Foundation est aujourd’hui à même de présenter plus de 100 estampes gravées par lui, depuis ses débuts jusqu’à sa mort en 1954. Elles ont été choisies pour refléter ce que cette « langue » devient entre ses mains « à lui ». Le visiteur se verra confronté à des planches qui n’imitent presque jamais les peintures et dessins du maître, mais dialoguent avec eux, tantôt les contestant, tantôt les développant. Ce que les dessins et les tableaux n’achèvent pas ou effacent, les gravures le complètent ou le prolongent. Elles ne sont guère handicapées par l’absence des couleurs, puisque Matisse a le don rare de faire que le noir fonctionne comme une couleur.
Alors que la peinture l’oblige à sacrifier – sauf s’il dispose d’un appareil photographique – les modifications successives du tableau, la gravure lui permet de les conserver. Du visage réaliste d’un modèle ou d’un ami qui, pour n’être plus qu’un contour ovale vide, n’en reste pas moins reconnaissable, le peintre nous fait passer par tous les états du sujet, comme il excelle à transformer un portrait en masque ou une danseuse en un ballet d’arabesques abstraites ; ou encore à métamorphoser la Parisienne lisant un livre dans sa chambre d’hôtel en odalisque alanguie sur son sofa – autrement dit : du réalisme en décoration.
Nu dans les ondes, 1938 linogravure 22,1 x 35 cm
sur vélin G. Maillol 40 x 60,5 cm
Tout cela – et bien d’autres expériences – est possible parce que Matisse use du plus léger, du plus simple, du plus adaptable des instruments : le trait. Tout au long de sa carrière, Matisse n’a cessé d’en souligner l’importance à ses amis : « Il s’agit d’apprendre et de réapprendre une écriture qui est celle des lignes. »
Ainsi l’estampe aura fourni à Matisse le terrain privilégié où travailler à l’invention et à la réinvention de cette écriture et du langage qu’elle engendre. C’est à la découverte de ces lignes et de ce langage que la Mona Bismarck Foundation nous convie.
Le Grand Nu, 1906
lithographie 28.5 x 25.3 cm
sur chine volant 45 x 35,3 cm
Duthuit 403
MONA BISMARCK FOUNDATION
Créée dans les années 1980 par feu la comtesse Mona Bismarck, la Mona Bismarck Foundation dont le siège se situe dans l’État de New York, soutient des activités artistiques, littéraires, scientifiques et pédagogiques favorisant principalement les liens entre la France et les États-Unis.
Ce centre culturel propose gratuitement au public un programme éclectique composé d’expositions, de séminaires ou d’événements. La Mona Bismarck Foundation accueille également plusieurs associations franco-américaines.
Catalogue disponible : 20 Euros
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